Les inondations sont liées au réchauffement climatique

Notre pays a été touché par une série d’inondations sans précédent. A l’heure actuelle, 36 personnes ont perdu la vie, faisant de cette catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire du Royaume. Face aux changements climatiques déjà amorcés, il est tout à fait probable que ce genre de crues démesurées se reproduise à nouveau. 

Le GIEC (groupe d’experts sur l’évolution du climat) nous avait déjà averti en 1990. Le professeur de climatologie à l’UCL, Jean-Pascal Van Ypersele, fait une piqûre de rappel en lisant, en direct du 13heures sur la Une, un extrait du premier rapport du groupe d’experts. « L’effet de serre accentuera les deux extrêmes du cycle hydrologique, c’est-à-dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluies extrêmement abondantes et plus de sécheresses prononcées »

Augmentation d’événements météorologiques extrêmes

Les courants-jets (aussi appelé jet stream) jouent un rôle important dans l’équilibre météorologique. Ces courants forment un corridor de vents très forts en haute atmosphère et sont intimement liés aux tempêtes et fortes variations de température. Lorsque la température augmente, la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère augmente elle aussi. Et plus l’atmosphère est chargée en humidité, plus le potentiel de précipitations abondantes augmente.

déformation du jet stream européen du au réchauffement climatique

Compte tenu du réchauffement climatique global, l’atmosphère se charge en vapeur d’eau à l’échelle mondiale et alimente les courants-jets. Ces derniers deviennent alors instables (voir illustration ci-dessus), entraînant des périodes successives de grandes sécheresses et de fortes pluies. Ces phénomènes sont déjà observables en Belgique : notre pays a été confronté à des sécheresses exceptionnelles au cours de deux étés précédents. Cette année, nous assistons à des précipitations extrêmes.  

Des changements amorcés et inéluctables

L’augmentation du potentiel de précipitations des courants-jets est un processus lent et important, possédant une grande inertie. Pour les experts, les changements climatiques sont maintenant inéluctables.

« Même si on arrêtait les rejets de gaz à effet de serre maintenant, le climat continuerait à réagir à la perturbation qui est déjà dans l’atmosphère, car il y a une forme d’inertie du système. D’abord, le CO2 émis reste longtemps dans l’atmosphère : entre 10 et 30% des émissions d’aujourd’hui continueront à agir pendant au moins 1.000 ans » déplore Valérie Masson-Delmotte, climatologue.

inertie du cycle de rechauffement climatique

Il n’est donc plus suffisant de concentrer uniquement nos efforts sur la réduction d’émission de gaz à effet de serre. 

L’importance de lutter contre le réchauffement et ses effets

La température fluctue d’une année, voire d’une décennie, à l’autre. Une année ne va donc pas forcément être plus chaude que la précédente. C’est la tendance d’ensemble, sur plusieurs dizaines d’années, qui monte réellement en température. Ainsi, même si on limite au maximum les rejets de gaz à effet de serre en un temps record, le climat continuera à se réchauffer pendant quelques dizaines d’années.

gaz a effet de serre obstruant le soleil et causant le réchauffement climatique

Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut pas lutter contre l’émission de gaz à effet de serre, bien au contraire. Si on réduit nos émissions, le réchauffement climatique sera moins violent et (espérons-le) limité.  Mais il faut aussi se préparer aux prochaines catastrophes naturelles. Et dans le cas présent, contrer ou réduire les inondations lors de fortes pluies, ainsi que préserver les zones humides et d’ombres lors de grandes sécheresses. Car il est fort probable que le nombre d’évènements extrêmes augmente au fil des prochaines décennies. 

C’est pourquoi nous abordons, dans cet article, des pistes de solutions. Nous rappelons par exemple l’importance des arbres et structures végétales pour contrer en partie les prochains évènements climatiques extrêmes.